Dans le cadre de la 4e édition des Villes invisibles, le groupe de recherche Regards sur la Ville du centre d’art et de photographie de Nîmes, NegPos, a travaillé sur le petit patrimoine invisible autour du thème de l’eau.

La mission Regards sur la Ville est un atelier proposé par NegPos où « se côtoient des photographes amateurs et professionnels avec pour mission de porter un regard profond sur l’espace urbain nîmois et les humains qui le peuplent. Tous les mois les participants échangent leur idées et confrontent leurs travaux autour du thème proposé afin d’aboutir à une exposition collective. »
Pour l’année 2022/2023, Regards sur la Ville travaille autour du petit patrimoine/patrimoine invisible nîmois, avec une thématique optionnelle sur l’eau. L’idée reste que chaque photographe garde le champ libre pour choisir son sujet et la manière de le traiter. Un fil directeur reliant tous les projets devra être trouver au moment de la présentation.
⋅⋅⋅⋅⋅⋅⋅⋅⋅⋅⋅⋅⋅⋅⋅⋅
J’ai choisi de travailler sur les impressionnants travaux hydrauliques réalisés après les inondations de 1988, en particulier sur les cours d’eau des Cadereaux au nord de Nîmes. Ces travaux ont créé une zone d’espaces plus ou moins vides de vie. Il y a un air du “Los Angeles River”, le fleuve californien dont presque 100 % de ses 82 km de long sont bétonnés.
Ces espaces réservés à l’écoulement des eaux de pluie prennent une part importante du territoire mais sont devenus quasiment invisibles. Ils constituent désormais un patrimoine qui n’est pas spécialement mis en valeur, peut-être parce que son rôle reste secondaire et sa construction particulièrement brute, basique. Et pourtant, il y a un rapport d’architecture au temps, à la mémoire, et pour une ville dite “romaine”, certains lieux rappellent ce passé historique, les agoras et les voies romaines.
Comme une romanité du futur.
Dans cette deuxième ville, comme une ville souterraine, se révèle une architecture tout à fait particulière, qui n’est pas faite pour les humains : enrochements, déversoirs, grilles, piquets en fer, chenaux étroits. Parfois un trou béant, une passerelle laissent entrevoir la possibilité pour l’être humain de passer, surveiller, observer ce qui se passe dans ces lieux somme toute inhospitaliers. Ce travail propose une progression chronologique et géographique passant d’un paysage rural vers un paysage urbanisé à l’extrême. Les lieux de prises de vue oscillent entre d’immenses sites présentés sous forme de panoramiques et des vues plus serrées d’ouvrages présentant des buses, des grilles, des passages d’eau en noir et blanc, agrémentés de détails techniques et/ou graphiques que l’on trouve sur le parcours non loin du Cadereau comme des lignes de mesure, des bouches d’incendie ou les murs de tags.




















