Avec l’arrivée de la couleur, la photographie noir et blanc a gagné en force esthétique, devenant l’essence même de la photographie. La neutralité du noir et blanc inscrit indéniablement les images dans une forme aussi intemporelle qu’universelle.
Ansel Adams, célèbre photographe des paysages de l’ouest américain, a porté la technique de son « zone system » à son plus haut point, lui permettant de maîtriser dans ses images l’intégralité des nuances de gris. Car dans le noir et blanc, c’est bien le gris qui donne à l’image toute sa force entre les deux extrêmes. Mary Ellen Mark, autre photographe américaine, documentariste et humaniste, défend l’idée d’une abstraction du noir et blanc par rapport à la couleur.
Au cœur de la matière
La photo en couleur est descriptive, celle en noir et blanc est interprétative.
Elliot Erwitt
Là réside en effet toute la force graphique du noir et blanc, qui sans annihilé totalement la couleur (puisque le cerveau humain recrée lui-même les couleurs), la photographie noir et noir apporte davantage de liberté au photographe mais également au spectateur. La neutralité des images monochromes a tendance à renforcer l’aspect dramatique et graphique d’une photo. C’est alors la matière, autant dans une image chargée en contenu qu’avec un environnement minimaliste, qui va être le véritable sujet de la photo.
Et c’est sans doute de cette matière que naît la forte émotion que l’on ressent souvent davantage devant une image en noir et blanc qu’une image en couleur. J’ai personnellement un intérêt particulier pour le noir et blanc, mais je n’hésite pas à photographier en couleurs lorsque cela me semble être plus pertinent. Certains sujets se prêtent tout à fait au noir et blanc, d’autres se doivent d’être traités en couleur.
Qu’en pensez-vous ?






