Le béal* de Thonas est l’un des rares de Lozère a avoir obtenu une autorisation d’utilisation de la préfecture afin qu’il soit utilisé par la petite quinzaine de propriétaires concernée par cet ouvrage.
Sur ce petit béal d’à peine 1,3 km se cristallisent des enjeux aussi bien locaux que planétaires concernant autant la sauvegarde d’un patrimoine millénaire et vernaculaire ou celle de la biodiversité locale où des espèces végétales et animales sont inféodées à un milieu humide qu’à la difficulté de transmettre les savoir-faire liés à des ouvrages ancestraux. Le modèle de gestion de l’eau cévenol, dans une période où la ressource sera bientôt un enjeu crucial pour l’avenir des territoires, fait figure d’exemplarité à tous les niveaux : économiques, sociologiques et écologiques.








Cependant, paradoxe de l’administration et de la loi sur l’eau, selon Sabine Roussel, présidente de l’association Le béal de la vallée de Thonas, en période d’utilisation, du printemps à l’automne, des interdictions peuvent survenir liées aux restrictions dues à la sécheresse. Or l’assèchement du béal met en péril non seulement les petites parcelles des propriétaires qui l’utilisent, pour la plupart des habitants peu fortunés dont l’utilisation de leur potager leur est indispensable mais également la flore et surtout la faune environnantes.
A travers un travail photographique autour du béal et de ses propriétaires, je souhaite mettre en évidence l’interdépendance qui existe entre cet environnement créé et entretenu par l’homme depuis des siècles et l’importance de le sauvegarder au vu des enjeux sociaux, écologiques et politiques qu’il représente.
* Un béal est un canal d’irrigation utilisé principalement pour les besoins agricoles et l’abreuvement des animaux, mais également pour certains potagers particuliers comme c’est le cas pour celui de Thonas.
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