Éphémère

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Éphémère

Je m’intéresse beaucoup au paradoxe et à la dualité de la vie. Avec leurs portées symboliques, les arbres et les cimetières permettent de travailler sur les rapports bien sûr du vivant et de la mort.
Cependant, dans le cadre du projet « Regards sur la Ville 2024 », je souhaite surtout me concentrer sur les rapports végétal/minéral, horizontalité/verticalité, absence/présence.
En tant que photographe documentaire, mon travail se porte naturellement sur les lieux de mémoire. Le cimetière protestant est à la fois un symbole historique pour la communauté protestante, mais est également un marqueur dans le pays d’un changement sociétal considérable. En dehors de toute considération cultuelle, le cimetière protestant de Nîmes, avec tout son bagage historique, a davantage un rapport à la vie qu’à la mort.
Afin d’appuyer le rapport à la nature et la dimension transitoire de la vie, je voudrais créer des tirages photographiques appelés « Anthotypes » dont le matériel photosensible est fait à partir de plantes. Le résultat ne sera pas des images en noir et blanc mais teintées de la couleur du jus des plantes choisies. Cela rend le travail écologique et potentiellement éphémère s’il se trouve en contact avec la lumière du soleil. Ces propositions artistiques et symboliques offrent à chacun une liberté d’interprétation très vaste.
Or n’est-ce pas là l’objet de la photographie ? Donner un espace de liberté à tous.
Le cimetière protestant de Nîmes est à l’image de cette liberté recherchée : la diversité de son esthétique, sa végétation plus ou moins contrôlée, sa place dans l’histoire, révèlent un lieu d’une rare beauté et pour le photographe, un lieu comportant une certaine magie, il faut bien l’avouer.

Festival Les Villes Invisibles #5 – NegPos